Voilà c'est fait! Tristan s'est fait opérer ce matin des tympans. Cela fait quelque temps qu'on sait qu'on doit le faire, exactement depuis jeudi dernier. Depuis ce jour là on a passé des coups de fil pour se renseigner sur l'opération, pour avoir l'avis de plusieurs médecins qui nous sont proches (pédiatre, généraliste) pis enfin on s'est décidé à donner le pas.
"C'est pour le bien de votre fils", on vous dis ça et comment voulez vous ne pas dire oui? surtout lorsqu'on ajoute la possible perte d'audition et les conséquènces. On avale sa peur, on se met la masque du courage qu'on vous donne le jour où vous devenez parent et qui sert justement à des moments pareils, et on essaye de rester adulte à côté de son enfant, de ne pas pleurer plus fort que lui, de lui montrer que "vous n'avez pas peur" tout simplement pourqu'il n'aie pas peur
Lundi rdv avec l'anesthesiste. Un homme quelque peu serieux et grognon (vu son métier il faut bien!) mais quand même sympa. Il s'étonne de voir toute la famille là, parents et enfants, je lui dis que si on avait pu faire autrement on l'aurait fait mais hélas on n'avait personne pour garder Nuria. Les questions sur la santé de l'enfant commencent, on parle du spasme du sanglot et je me rassure car, voilà la vie!, le monsieur a un fils qui lui faisait exactement la même chose, il sait comment gèrer, il sait qu'il faut surveiller de près son réveil à cause de ce trait de son caractère. Nous sommes un peu plus rassurés en sortant et le ton est donné lorsqu'il me dit "mais vous savez? on opére plein d'enfants ici toutes les semaines" et que je lui réponds "oui peut-être, mais celui là c'est MON enfant", rien à ajouter
Ce matin donc direction la clinique pour être là à 8 h du matin. Tristan ne comprends pas trop, je lui explique, il fait semblant de ne pas vouloir m'écouter, j'accepte, après tout, s'il a envie de ne pas vouloir savoir qui suis-je pour le marteler avec ce qu'on va ou pas lui faire?
Quelques minutes après notre arrivée, on me prend mon petit ange blond, habillé de sa blouse d'hôpital et on l'emmene au bloc. J'ai pas vraiment le temps de réaliser jusqu'à ce que les portes se ferment et que je comprenne, grâce à ses pleurs, qu'il n'est plus là et que je ne suis plus désormais habilitée à le calmer. Je craque et je pleure un peu, zhom se retient et on se soutient comme on peut. C'est rien, c'est banal comme opération, mais hélas encore et toujours, c'est notre fils qui est de l'autre côté des portes, et on voudrait bien passer à sa place.
L'infirmier ressort et nous dit qu'on peut l'attendre dans la chambre, qu'ils auront environ pour 40 minutes. 40 minutes! c'est long très long, mais avec zhom on discute, de tout et de rien, on refait le monde pour ne pas penser, on parle sans parler vraiment, on attends que la montre soit clémente
Puis l'infirmier revient et nous dit qu'on peut aller le chercher. Il nous explique que tout s'est déroulé à merveille, qu'il a pleuré un peu au réveil mais qu'il va bien. Je le retrouve, derrière les mêmes portes, en train de sangloter, son doudou dans les bras. Il me tend les bras et je le prends, il s'accroche de ses petites mains et il cherche mon regard comme pour que je l'assure qu'on ne le laisserait plus. Il sanglote encore, mais doucement, tout doucement il se calme dans mes bras. Et là, comme le jour de sa venue au monde, je sens que le lien qui nous unit ne pourrais jamais se défaire, c'est mon fils et il a pleine confiance en nous, je veille sur lui.
Dans la chambre les minutes passent, il veut pas que papa parte au laboratoire emmener les analyses qu'on lui a fait pendant qu'il dormait alors papa reste encore un peu. Il commence à sourire, à bavarder et je retrouve mon petit ange blond dans son état normal, à rayonner la sympathie et la joie. Il joue avec ses voiturettes et je chantonne, papa s'éclipse et là petite crise de peur, mais pas très longue, maman est toujours là ouf! on va passer quelques moments à nous deux, peau à peau, il veut que je lui chante et je lui chante alors des chansons avec lesquelles je le berçais quand il était née. Je ne connais pas de berceuse car moi on ne m'a jamais chanté, mais je connais des chansons de Serrat, de Luz Casal, des chansons douce d'amour qu'il adore
Le temps passe, papa revient, yayo et yaya aussi sont là, tout va bien. Tristan épate le personnel car il a déjà oublié les misères qu'on lui a fait. Il souri, discute, joue, et moi je le regarde pleine de fiertée.
Enfin voilà qu'il grignote un peu, boit la moitié de son biberon et on a enfin la visite du ORL. Il nous explique qu'il était complétement bouché et que maintenant il devrait entendre plus fort les sons, d'ailleurs ça a l'air de se voir puisqu'il est plus receptif. On rigole puisque le doc demande à Tristan si ça va et le petit le fixe et lui dit "non!" ben voyons! quelle question! ça ira mieux lorsque je serais plus là il doit penser. Mais il n'est pas rancunier mon ange, et il sourit au docteur qui finalement lui a fait "du bien".
Dans dix jours contrôle et si tout va bien on n'en fait plus jusqu'à la fin de l'été.
Plus de peur que de mal comme diraient certains, et c'est vrai, mais quand il s'agit de son enfant, la peur, la vraie peur elle est toujours là, ou au moins jusqu'à ce que le petit ange que vous devez proteger vous revienne le sourire aux levres
Merci aussi à vous tous, qui avec vos pensées, vos messages, vos sms avez répondu présent dans cette journée. L'amitié est un bien précieux dont vous me faites cadeau et que je compte bien conserver comme un vrai trésor. Merci tout simplement